le précurseur du XXe siècle : les beatniks d'Amérique
Le mouvement beatnik est un mouvement culturel et artistique d'origine américaine né dans les années 1950.
Le terme beatnick désigne un vagabond du rail clandestin avant de désigner une manière de traverser la vie (selon les jazzman) et enfin, pour le mouvement lui-même, le terme beatnick vient du verbe "beat" qui signifie "être foutu, à bout de souffle, exténué". Leur mode de vie est résumé par ce terme : ils vivaient au présent, libéré, sans aucune attache, dans la spontanéité, sans cesse en déplacement. Ils se revendiquaient comme des "nouveaux bohémiens" en totale rupture avec la société de masse qui commençait à surgir.
Les beatnicks sont aussi qualifiés de hipsters, c'est-à-dire à la base des personnes qui adoptent le mode de vie du musicien bebop dans les années 1940, free-jazz dans les années 1950 (style vestimentaire, argot, drogues, attitude cool, sarcasme, pauvreté, liberté sexuelle...). Déjà dans les années 1950, le terme à évoluer pour désigner toute personne répondant à ses caractéristiques, même si celle si ne cherche pas à copier les jazzmen.
A la manière des hippies, ils étaient de fervents adeptes de la drogue et vivaient en contradiction totale avec l'air du temps, le matérialisme.Ils avaient aussi souvent des problèmes avec la police pour délit de chevelure et possession de marijuana.
Les beatniks étaient avant toute chose des voyageurs : ils ont traversées l'Amérique (par la route 66) et certains sont même partisen Afrique.
La littérature était leur moyen d'expression : Sur la route de Kerouac, le poème Howl ("rugissement") d'Allan Ginsberg, Le festin nu de William Burroughs... La plupart des "beatniks" étaient des écrivains.
Principalement un courant poétique, les courants musicaux qui sont ratachés à eux aujourd'hui sont le rap et le début du jazz improvisé, le free-jazz.. Des sessions jazz and poetry associant poètes beatniks et musiciens jazzmen en révolte ont été organisées dans les années 1950.
premières lignes de Howl :
"J'ai vu les plus grands esprits de ma génération détruits par la folie, affamés hystériques nus, se traînant à l'aube dans les rues nègres à la recherche d'une furieuse piqûre, initiés à tête d'ange brûlant pour la liaison céleste ancienne avec la dynamo étoilée dans la mécanique nocturne, qui pauvreté et haillons et oeil creux et défoncés restèrent debout en fumant dans l'obscurité surnaturelle des chambres bon marché flottant par-dessus le sommet des villes en contemplant du jazz, qui ont mis à nu leur cerveaux aux Cieux sous le Métro aérien et vu des anges d'Islam titubant illuminés sur les toits des taudis, qui sont passés à travers des universités avec des yeux radieux froids hallucinant l'Arkansas et des tragédies à la Blake parmi les érudits de la guerre, qui ont été expulsés des académies pour folie et pour publication d'odes obscènes sur les fenêtres du crâne [...]".
Le poème est long cri de rage, de lamentation et surtout de défi à une Amérique qui se complait dans son rêve matérialiste. Il exalte la révolte, la liberté, le sexe et les drogues.
Sur le route est un roman de Kerouac. Il est considéré comme un classique de la littérature américaine et le symbole du mouvement beat des années 50.
résumé (Evène.fr) : 'Sur la Route' est le livre clef de la beat generation. C'est le récit des errances de l'auteur (Jack Kerouac porte le pseudonyme de Sal Paradise) sur les routes américaines. Voyageant en auto-stop, logeant chez qui l'accepte, partageant femmes et alcool avec des amis d'un jour, Kerouac s'abandonne à la loi du hasard, à la recherche d'une fraternité réelle. 'Sur la route' est le compte rendu de cette quête, de ses moments d'euphorie, mais aussi de ses passages à vide et ses échecs.
Des beatniks aux hippies
Les hippies rejeteront souvent l'avant-garde que constitue les beatnicks : leur façons de vivre et leurs actions ne sont que modérés par rapport aux leurs, et, à la création des hippies, ses représentants sont déjà vieillissants. Il faut cependant considérer que les beatnicks ont vécu vingt ans avant les hippies et que, pour leur temps, ils ont autant choqué que les hippies eux-même.