les hippies européens, les « petit-frères » de leurs congénères américains

Publié le par génération hippie

En Europe aussi, bien que tardivement, des mouvements de protestations naissent.

En France,
la jeunesse se révoltent contre la "société" et ses valeurs, contre "les convenances et les interdits, [...] [une] France hypocrite et mesquine, confite dans un obscurantisme digne du XIXe siècle" (J-P.Boyxou in L'aventure hippie). Après Mai 1968, le mouvement contestataire gauchiste étudiant, la jeunesse, même déconfite, est prête à remettre totalement leur société française et occidentale en question.
Les situationnistes appelés les "situs", (dont René Viénet, Guy Debord, Raoul Vaneighem, un prof de français qui faisait ses cours en tutu et conseillait à ses élèves lycéens de déchirés toutes les pages chiantes de leur livre), héritiers du surréalisme et du Nouveau Roman,  sont un peu les leaders de cette remise en question : ils massacrent les rapports au langage, aux images et aux projets en faisant dans l'antithéorie et créant des slogans de Mai 68 ("je prends mes désirs pour des réalités parce que je crois à la réalité de mes désirs"), qui s'inscrivent dans leur projet de dépassement de l'art et de l'imagination. L'internationale situationniste, leur mouvement politique positionné à l'extrême gauche, mène les révoltes. Ils incarnent la jeunesse contestataire, hippies compris.
La violence de ce qu'ils voulaient comme une révolution les différenciait des hippies qui pronaient le pacifisme et n'utilisaient que des moyens comme les sit-in pour se faire entendre, mais, après l'échec de Mai 1968 qui eut le mérite de les "réveiller", quelques uns se tournèrent vers le mouvement pacifiste, libertin et contre-culturel de l'autre côté de l'océan.
Ceux-là écoutent entre eux de la pop et du rock planant (Stones, Doors, Pink Floyd, groupes hippies californiens, Beatles, Arthur Brown...) et du free-jazz (Albert Ayler, Ornette Coleman, Arshie Shepp...), fument des joints interdits, vivent par terre, utilisent un vocabulaire à eux (shit, stone, trip, flip, sensas...), voyagent en Turquie, au Maghreb, en Inde ou en Afrique, des pays de l'ailleurs, aux Pays-Bas, en Suède ou au Danemark, les pays de la liberté, se positionnent "à gauche", ou ne se positionnent pas, lisent "L'Hebdo Hara-Kiri", le futur "Canard enchaîné" et les auteurs "beat" (Burroughts, Kerouac...), Boris Vian, Céline et des bande-dessinées (Saga de Xam...), et tentent, après en avoir entendu parlé par des américains, la vie communautaire.
Vie communautaire dont le Living Theatre, une troupe de 30 acteurs écrivant et jouant tous ensemble dans le "happening", le grotesque et l'improvisation et exilée des États-Unis tout en étant d'origine différente, est le symbole.
La jeunesse qui s'ennuie dans un monde de "beaufs" cherchent sans cesse à se détacher de la génération précédente qui, menée par Marcellin, le ministre de l'Intérieur en 1969 (sous Pompidou), répriment (interdiction du défilé des travailleurs du 1e Mai, arrestations préventives, inculpation pour "outrage à la pudeur", détournement de mineur, interdiction de publication, procès pour avortement...).
Mais c'est Amsterdam qui est la capitale des hippies européens...


Les Pays-Bas
justement. Là-bas fleurit un mouvement anarchique : les Provos. S'y mélangent "anarchistes, artistes avant-gardistes, intellos, ex-Situs, mais aussi anciens blousons noirs politisés" (J-P Bouyxou in L'aventure hippie). Ils veulent supprimer les voitures (en les remplacant par des vélos blancs gratuits et disponibles au 4 coins de la ville : une tentative de V-Libre ?), demandent plus de liberté, font des grèves et des manifestations contre les guerres et le nucléaire, et critiquent toujours dans l'autodérision. Pour cela, ils conjugent pouvoir politique et création alternative. Au début des énnes 1970 ils dépérissent, mais ils restent tout de même le symbole de la contestation européenne. Beaucoup deviennent ou sont des hippies et quelques-uns (notamment le dessinateur Willem) émigrent en France. C'est pourtant à Amsterdam que fleurissents des sleep-in, hôtels sans cloisons, des restaurants collectifs, des marchés au puce, et des cofee-shops avec le hashisch en vente libre, inaugurant le mode de vie commuautaire importé d'Amérique. Aux Pays-Bas sont aussi de passages des anglais, musiciens (les Beatles et Jonh Lennon) ou non, mais hippie.


En Angleterre,
depuis 1962, c'est la "beatlemania". En 1965, la presse contre-culturelle, les canards undergroung, apparaît à Londres avec  International Times. 1966 arrive avec les débuts des Rolling Stones. En 1969, c'est au tour du groupe anglais Pink Floyd d'apparaître en même temps que le festival de l'île de Wight. En 1972, c'est encore une fois des musiciens qui se révèlent : Elton Jonh et David Bowie.

 

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voyance gratuitement 21/09/2016 12:52

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voyance gratuite mail 09/02/2016 18:16

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